GreyPRIDE

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SEL QUE J'AIME !

Le SEL de la vie

 

 

Je voudrais vous parler aujourd'hui de l'enfant caché de GreyPride. Les gays sont capables de tout !

 

 

                                                                         ON NOUS CACHE TOUT !

 

 

   Ce bel enfant est né au début de l'an de grâce 2016, c'est à dire qu'il a maintenant plus de deux ans. Et vous n'en saviez rien ! On nous cache tout… mais voilà : maintenant j'ai cafté ! 

 

 

   Tout est parti d'un bon sentiment pourtant. Les administrateurs de GreyPride, à l'époque, se sont dit que pour créer du lien entre les membres de notre association préférée, ce serait bien de les amener à faire des échanges entre eux ; des échanges de savoirs, de services, de savoir-faire et même de biens. C'est la définition même d'un SEL (Système d' Échange Local). Alors, ils ont décidé d'en créer un, justement, mais plutôt à tendance LGBT,  et c'est le vice-président de GreyPride qui s'y est collé.

 

 

                                                                         NAISSANCE D'ARC EN SEL

 

 

   Donc les faire-part ont été rédigés et les premiers adhérents se sont réunis au Centre LGBT du 63 de la rue Beaubourg. C'est toujours là qu'ils continuent de se réunir d'ailleurs le dernier samedi de chaque mois de 11H à 13H. Après on va déjeuner au Flunch d'à côté ou bien on organise un pique-nique partagé sur place dans les locaux du Centre LGBT.

 

 

                                                                          LA PAROLE EST D'ARGENT

 

 

  Et le silence est d'or ! Pourquoi ne pas avoir clamé haut et fort la naissance d'Arc en Sel sur le site de GreyPride alors ? Pourquoi est-ce resté confidentiel ?

 

 

   Le souhait des administrateurs de l'époque était qu'Arc en Sel soit le plus intergénérationnel possible, le plus jeune possible même. Et le responsable d'Arc en Sel (Richard Boitel) a cherché, dans un premier temps, à recruter dans la communauté LGBT au sens large plutôt qu'au sein de GreyPride même.

 

   Mais force est de constater que les membres d'Arc en Sel ont cinquante ans et plus… Ceci est général aux autres SEL d'ailleurs : c'est un public de vieux !

 

 

                                                                          MAIS OU SONT LES JEUNES ?!

 

 

   Il y a plus de 600 SEL en France, généralement classés dans l'économie sociale et solidaire. Mais très peu ont un public de jeunes et les SEL, comme les syndicats, ont un public vieillissant.

 

 

   Non pas que les jeunes ne militent plus mais ceux qui militent le font autrement et ailleurs : Notre-Dame-Des-Landes, le barrage de Sivens et autres grands projets inutiles comme la ferme usine des Millevaches sans oublier Bure (enfouissement de déchets nucléaires) et autres délires qui menacent notre civilisation et les générations futures.

 

 

   Si vous chercher des jeunes, ils sont là :  les pieds dans la boue, les mains dans le cambouis, la gueule sous la matraque des CRS et la tête dans les étoiles. J'ai aussi rencontré des jeunes dans les différents groupes du Mouvement pour la Décroissance, surtout en province - c'est moins vrai à Paris qui concentre les ténors et les seniors du Mouvement. 

 

   Cela dit, il ne faut pas désespérer de faire venir les jeunes dans les SEL. C'est même fait pour eux, surtout s'ils sont hélas au chômage.

 

   Voici pourquoi.

 

 

                                                                          LE TEMPS C'EST DE L'ARGENT !

 

 

   Dans un SEL, les échanges ne sont pas comptabilisés en euros mais en minutes et, à partir de là, chaque SEL se doit de créer une monnaie locale pour concrétiser ces échanges. La monnaie locale d'Arc en Sel est le pink (ben oui, quoi, on est des pédés et des gouines, on aime bien cette couleur …).

   Exemple : un membre fait un massage de vingt minute à un autre membre (quoi, qu'est-ce qu'il y a ?!) : celui qui a bénéficié du massage devra vingt pinks à l'autre … à moins que dans certains cas, ce ne soit l'inverse !

   Le pink est une monnaie virtuelle (il n'y a pas concrètement de pièces ou de billets) et chaque compte individuel est crédité ou débité directement en ligne (c'est comme Boursorama mais en plus modeste).

   Idem pour un cours de langue ou d'informatique : si le cours dure une heure, la personne devra soixante pinks à l'autre.

 

   Et les objets qu'on troque, me direz-vous, comment comptabiliser leur valeur ? Dans le cas des objets, des marchandises si vous préférez, on ne peut plus se référer au temps, il faut donc trouver un compromis. Si je ne veux plus de mes vieux godes par exemple, je peux les proposer lors d'une BLE (Bourse Locale d’Échange) à un prix d'ami : 50 pinks me semblent honnêtes pour un gode, les DVDs s'échangent à 20 pinks et les livres de poche à 10.

 

                                                                        LE LIEN EST PLUS IMPORTANT QUE LE BIEN

 

 

    Mais, vous l'avez compris, ce qui compte vraiment dans un SEL en général, et à Arc En Sel en particulier, c'est l'attention portée à l'autre. Même si on fait des échanges économiques, on n'est pas là dans un système capitaliste au sein duquel on chercherait à exploiter ou à tirer le maximum de profit de l'autre.

 

 

   C'est tout le contraire. On est plutôt dans la démarche du don et du contre-don chère à Marcel Mauss.  La monnaie SEL reste symbolique : elle existe pour comptabiliser les échanges, se rappeler des services qu'on a rendus ou dont on a bénéficié. La notion de profit, de thésaurisation est complètement absente de l'esprit SEL.

 

 

                                                                         LES GENS SONT MÉCHANTS

 

 

   Évidemment, à sa naissance, Arc En Sel a été beaucoup critiqué par les autres SEL : oui, qu'est-ce que c'est que ce bâtard, on a jamais rejeté personne, pourquoi est-ce que les pédés et les gouines veulent rester entre elles, c'est du communautarisme etc.

 

 

   Ce à quoi nous avons répondu que nous étions des pionniers, qu'on frayait un chemin pour la communauté LGBT et que de toutes façons on était hétéro-friendly … Du coup, certains nous ont pris au mot et on a déjà plein d'hétéros à Arc En Sel. Mais chut, je ne donne pas de noms, ils feront leur coming out tout(e) seul(e) si ça leur chante !

 

 

                                                                          LES GRANDS FRÈRES

 

 

   Si Arc En Sel est probablement le premier SEL de la mouvance LGBT, en tous cas le premier à avoir perduré, il y a bien sûr d'autres SEL en France et dans le monde. A l'origine, l'idée et le concept viennent des pays anglo-saxons et le premier SEL français a vu le jour en 1994,  en Ariège.

 

 

   A Paris, il y a, en plus d'Arc en Sel, deux autres SEL intra-muros :  le SEL de Paris dont la monnaie locale est le piaf et le SEL de Paname dont la monnaie locale est le paname. Il y a aussi des SEL en banlieue, à Montrouge, à Montreuil, à Clamart par exemple. J'ai plus ou moins fait partie des uns et des autres mais les conflits de personnes dans les SEL de Paris intra-muros m'ont un peu découragé...  Et je n'ai finalement gardé pour mes échanges économiques et amicaux que le petit dernier : Arc en Sel, mon amour!

 

 

   En province, je fais toujours partie du SEL Nantais et du SEL de Mazamet. J'ai aussi des contacts avec le SEL de Castres. C'est mon côté rural de vieux paysan du Tarn qui ressort ! Mais, à l'occasion, je sais très bien faire le vieux parisien aussi !

 

 

                                                                         ET TOI QU'EST-CE QUE TU PROPOSES?

 

 

   C'est la question qu'on vous posera si vous rejoignez Arc en Sel. Ce fut pour moi une question douloureuse la première fois que j'ai adhéré à un SEL il y a maintenant plus de vingt ans. Un rapide bilan de compétences  me confirma que je ne savais vraiment rien faire de mes dix doigts : nul en bricolage, nul en informatique, nul en cuisine, nul en couture, je n'avais pas grand-chose à proposer. Heureusement, je sais créer du lien (très important dans un SEL) alors je me retrouvais souvent administrateur… c'est à dire organisateur du talent des autres !

 

 

   A Nantes, j'avais une vieille camionnette, alors je proposais des déménagements : très demandée ma camionnette d'ailleurs à l'époque et j'ai fait fortune en temps, la monnaie locale du SEL Nantais.

Temps = travail, échange, matière première, solidarité - on est des intellos en pays nantais !

 

 

   Mais à Paris, qu'est-ce que j'allais bien pouvoir proposer finalement ? La panique me gagnait, alors je me suis improvisé vieux parisien qui fait visiter la capitale… Vieux , j'étais crédible ! mais parisien, je triche un peu même si je viens de passer vingt-six mois dans une chambre de bonne comme une grisette du temps jadis.

 

   Mes visites phares ? Ah, mais si vous voulez le savoir, il faut adhérer : la prochaine réunion aura lieu le samedi 29 septembre de 11H à 13H au 63 de la rue Beaubourg (métro Arts et Métiers ou Rambuteau).

 

 

   Venez ! Avec les pinks, on va vous faire voir la vie en rose!

 

   Alors à bientôt, cum grano salis, évidemment ! Pour découvrir CE QUI NOUS LIE …

 

 

   Luco de Nantes (pas encore aussi célèbre que Jacquot de Nantes mais ça viendra !).

 



01/09/2018
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