GreyPRIDE

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Mon corps m'appartient

 

Avortement, services sexuels, euthanasie...

 

Cette phrase semble simple et évidente surtout si l’on se réfère à la condamnation des pratiques esclavagistes et pourtant, depuis toujours, cette liberté est remise en cause soit par le législateur soit par les dogmes religieux.

 

Dès que l’on évoque ce sujet, le législateur et le religieux sont là pour me dire : «Non, non, ton corps ne t’appartient pas, c’est nous qui te dirons ce qui est autorisé et ce qui est interdit.

 

Reprenons la chronologie des sujets clivants de ces dernières années : la libération sexuelle, l’orientation sexuelle, l’avortement, l’identité de genre, la prostitution, la GPA, l’euthanasie.

 

Tous ces sujets concernent l’individu et ses choix et pourtant à chaque fois l’état ou les religions ont voulu, ou persistent à vouloir, nous dicter nos comportements et à limiter nos droits.

 

Les luttes sociales, les luttes de certaines minorités ont permis de faire évoluer les lois, mais on sent bien que tous ces sujets restent des acquis fragiles et toujours remis en cause par des minorités au nom d’une morale laïque ou de croyances religieuses.

 

Ces luttes se situent toujours sur le champs de l’autorisation ou de l’interdiction, mais jamais sur l’écoute des choix de l’individu. Le législateur devrait uniquement se préoccuper du respect de la liberté de chacun, chacune : est-ce que ces choix individuels sont sans contraintes extérieures et sont librement consentis ?

 

Si l’on prend par exemple le sujet de la GPA ou de la prostitution, la crainte sociale est de dire que ces choix personnels ne peuvent être dictés que par des contraintes financières. Pourtant, à quel titre peut-on interdire à une femme de porter l’enfant de sa soeur ou d’une amie ayant une malformation de l’utérus ?

De même à quel titre peut-on interdire à quelqu’un de monétiser des services sexuels, si ce n’est en s’appuyant sur des principes moraux...

La mission de l’état est de lutter contre les réseaux qui asservissent des individus et transforment en source de profit l’exploitation du corps des autres ; pas de lutter contre des pratiques librement choisies.

 

C’est là que l’équipe bien-pensante va argumenter le fait que le choix individuel n’est pas toujours un vrai choix : nous serions sur certains sujets des mineurs éternels...

 

Pour les personnes trans l’état ne favorise toujours pas la liberté pour chacun, chacune de se déterminer, ou pas, par rapport au sexe de leur choix. A quel titre l’état continue d’imposer un parcours, des procédures, des consultations avant d’acter un choix qui est évident pour celui qui en fait la demande. A quand un choix déclaratif de son sexe ? Encore une fois, la morale publique prend le pas pour contrôler le corps de l’individu.

 

Sur la fin de vie : même raisonnement.

A quel titre peut-on interdire l’aide active à mourir ?

 

Le seul sujet sur lequel l’état devrait se pencher c’est : la décision de fin de vie est-elle librement consentie et sans contrainte de tout ordre. Mais là encore nous sommes considérés comme des mineurs, des personnes à protéger de nos propres choix ...

 

L’état devrait se concentrer sur la qualité de vie des personnes vieillissantes ; améliorer les conditions de vie, créer des environnements respectueux de l’identité de chacun et rester à l’écoute des choix de fin de vie de chacun. Ce sont les seules missions qui devraient mobiliser l’état. Pour le reste...

 

Ma vie m’appartient jusqu’au bout !

 

Francis Carrier

 

 

A lire sur le blog de Libération



07/09/2018
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