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Les luttes LGBT+ retrouvent la mémoire

De l’engagement, de la dérision, du courage, de l’audace : c’est ce souffle qui jaillit des plus de 300 tracts, affiches, photos, unes de revue, articles de journaux… rassemblés dans le livre Archives du mouvement LGBT+ – Une histoire de luttes de 1890 à nos jours, coordonné par le sociologue et historien Antoine Idier. « Rassembler les archives, c'est forcément poser la question de l'écriture de l'Histoire du point de vue des minorités », nous explique-t-il. Voici une sélection d'images de ce livre, dont les légendes sont aussi extraites.

Bal homosexuel au Magic City. Couples d’hommes déguisés dansant. Prise de vue réalisée à Paris (VIIe). « Dans les années 1930, Brassaï prit de nombreux clichés des cultures homosexuelles et lesbiennes à Paris, notamment de bars, de boîtes et du célèbre bar travesti de la mi-carême du Magic City, haut lieu de la vie homosexuelle connu internationalement (sur l’actuel quai d’Orsay, dans le VIIe arrondissement). Il les publia en 1976 dans son livre Le Paris secret des années 30, sous le titre proustien “Sodome et Gomorrhe”. »

 

  • À gauche, édition de 1927 du Troisième Sexe. « La réédition permet de présenter une face plus sympathique, plus queer, du premier mari de Colette, Willy. Il s’agit d’Henry Gauthier-Villars qui s'entourait de personnes sinon gay, lesbiennes ou bisexuelles, largement “gay friendly”. »

    À droite, Ah ! Nana, n° 8, 1er juin 1978. « Ah ! Nana est un journal de bande dessinée créé par Les Humanoïdes associés (qui publiaient Métal Hurlant) en octobre 1976. Neuf numéros sont parus jusqu’en 1978. Sa rédaction exclusivement féminine est animée notamment par la dessinatrice Chantal Montellier, avec un homme invité à chaque numéro. Son dernier numéro sur l’inceste est interdit aux mineurs après avis de la Commission de surveillance et de contrôle des publications destinées à la jeunesse. »

  • Paris, salle Pleyel, 10 mars 1971. De gauche à droite, premier rang : Maffra, Christine Delphy, Monique Wittig, Élisabeth Salvaresi, une inconnue, Antoinette Fouque, Anne de Bancher. La photographe Catherine Deudon se souvient : « Intervention avec le FHAR (Front homosexuel d'action révolutionnaire) contre une émission radio de Ménie Grégoire intitulée “L’homosexualité, ce douloureux problème”. Nous avons répondu : “Nous ne souffrons pas” et envahi la scène, Ménie Grégoire s’est écriée : “Ciel, les homosexuels attaquent !” et l’émission a aussitôt été arrêtée. Je tiens à préciser qu’il n’y avait pas que des homosexuelles, c’était d’ailleurs l’époque du refus des étiquettes identitaires, qui depuis font florès. »

  • À gauche, l'affiche de la liste « Différence homosexuelle » (1978) signée Copi. Deux candidats homosexuels à Paris, Alain Secouet (dans le XVIIIe) et Jean Le Bitoux (dans le VIe) recueillent respectivement 45 voix (0,12 % des suffrages) et 30 voix (0,11 %) au premier tour des législatives.

    À droite, affiche de la journée internationale de la bisexualité, 23 septembre 2016.

  • Paris, 4 avril 1981. La plus vieille association LGBT+ française est David et Jonathan, mouvement chrétien fondé en 1972.

  • À gauche, Le Gai Pied, n° 11, avril 1979. « Le Gai Pied, mensuel puis hebdomadaire sous le nom de Gai Pied Hebdo, a existé de 1979 à 1992. Principale publication homosexuelle française des années 1980, son tirage a atteint les 50 000 exemplaires. »

    À droite, L’Antinorm, n° 2, février-mars 1973. « Pour le MLF, l’écrivaine Christiane Rochefort avait détourné le Manifeste du Parti communiste : “Prolétaires de tous pays… qui lave vos chaussettes ?” »

  • Marche nationale des homosexuels et lesbiennes, avril 1982, Paris. « À l’approche des élections présidentielles de 1981, et alors que le Parlement a partiellement supprimé seulement la répression pénale de l’homosexualité, le CUARH [Comité d'urgence anti-répression homosexuelle – ndlr] est à l’origine d’une grande marche à Paris qui réunit 10 000 participants. » La manifestation a lieu aussi l'année suivante, date où est prise cette photo.

  • Paris, 23 octobre 1982. Une banderole en faveur d’autres pratiques sexuelles pendant la manifestation pour rappeler à la gauche au pouvoir le droit à l’avortement, qui était dans ses promesses électorales. 

  • Lyon, 2013. Un manifestant protestant contre une manifestation hostile au « Mariage pour tous ».

     

    couvlgbt
    Antoine Idier

 

Archives des mouvements LGBT + 

Une histoire de luttes de 1890 à nos jours

Avec la contribution d'une vingtaine de chercheurs et/ou militants de diverses générations

Éditions Textuel, 2018

256 pages, 39 €

 

Source : Mediapart

 



31/10/2018
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