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Le prix de la vie

Les politiques se préoccupent beaucoup de nous maintenir en vie... tant que l'on est jeune et productif.

 

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Ne pas fumer, ne pas manger gras, ne pas aller trop vite, ne pas téléphoner en voiture... les politiques nous annoncent toujours de nouvelles mesures pour réduire le nombre de morts, résultat : nous serons plus nombreux... à devenir vieux. Mais dans quel état ? Avec quels revenus ? Avec quelle prise en charge ? Avec quelle qualité de vie ?

Faisons un sondage auprès du personnel de la filière gérontologique : «Quand vous serez vieux/vieille, souhaiteriez vous être dans la situation des personnes dont vous vous occupez ?»

Nous connaissons tous la réponse...

Les scandales se succèdent : grève de salariés dans des EHPAD, abus dans le système de tutelle, niveaux de retraite insuffisants pour permettre de payer une aide à domicile, inaccessibilité physique et électronique aux services de base (santé, assurance, banque, télécom) ... et peu de voix s’élèvent pour dénoncer tous ces scandales.

Oui, quelques propositions à la marge, mais aucun plan d’envergure qui repense la globalité de l’accueil des personnes âgées dépendantes en France. Pourtant il y a urgence ; 13 millions de retraités aujourd’hui et demain une augmentation exponentielle.

La tolérance à la maltraitance des personnes âgées dans notre société est très grande ; comme si c’était une fatalité, comme si devenir vieux devait inexorablement s’accompagner de souffrance, d’isolement et d’incapacité.

On s’offusque de tel fait divers, dans lequel un salarié maltraite une personne âgée, mais ce ne sont pas les individus qui sont maltraitants en général, c’est le système dans lequel ils évoluent : le manque de moyen, le manque de formation, le manque de temps, le manque de reconnaissance, le manque de respect !

Pourquoi l’an dernier, 40% des nouvelles places ouvertes en EHPAD ont été faites par le secteur privé ? Est-ce normal de considérer que le secteur de la vieillesse est un secteur lucratif comme les autres ?

Pourquoi une aide personnalisée à l’autonomie plafonne à 600€ alors que bénéficier de 2h d’aide à domicile par jour coûte plus de 1200€/mois ?

Pour avoir une place en EHPAD il faut payer entre 2500€ et plus de 5000€ alors que la retraite moyenne est à moins de 1200€ !

Pourquoi l’aide médicale de 1700€ par pensionnaire en EHPAD versée par l’état ne pourrait pas être attribuée à toute personne dépendante, quelque soit son mode d’hébergement ?

Les logiques financières dans le secteur de la vieillesse sont aujourd’hui obsolètes, inefficaces, incompréhensibles et pas tenables en terme économique.

Je prendrai pour exemple un vieux monsieur de 81 ans, que je vois régulièrement et qui est locataire d’un petit pavillon de banlieue. Suite à une chute, François est hospitalisé et subit des examens de contrôle : rien à signaler, si ce n’est quelques séances de kiné. L’hôpital décide alors de chercher une place dans un établissement de moyen séjour : pas de place. Après 3 semaines d’attente, on lui propose de revenir chez lui... ce que je fais en allant le chercher à l’hôpital. Bilan financier : 20 jours x1200€ (prix de revient du lit hospitalier) =24 000€ sur le budget santé payé par la collectivité pour rien. En quoi sa qualité de vie a été améliorée ? Ces 24 000€ n’auraient-ils pas été plus utiles pour adapter son appartement, lui financer des services à domicile complémentaires, améliorer la coordination des intervenants médico/sociaux, faire intervenir un service d’urgence de prise en charge au domicile...

Dissocier le budget santé de l’autonomie n’a pas de sens si l’on parle de la qualité de vie d’une personne âgée dépendante. D’autre part le budget autonomie n’est pas à la hauteur des besoins actuels.

Si on souhaite améliorer les conditions de vie des personnes âgées mettons en place une réelle coordination des intervenants (aide à domicile, para-médical, médical, social, famille et bénévoles). Démultiplions les modes d’habitation : cohabitation en appartement, maison partagée, résidence autonomie, accueil familial a des prix adaptés... Obligeons les bailleurs sociaux a faire un bilan individualisé de la situation de leurs locataires à partir d’un certain âge pour voir les adaptations nécessaires à faire dans le logement pour améliorer son accessibilité.

Les normes et règlement hygiéno/médico/social empêchent aujourd’hui d’humaniser les établissements : interdiction de participer à la préparation des repas, interdiction d’animaux de compagnie, interdiction de sortie, interdiction de meubles personnels non ignifugés... Redonnons de la liberté et de la responsabilité à chacun et parlons du droit au risque dans sa façon de vivre.

Revoyons le système de protection (tutelle, curatelle), qui se limite trop souvent à surveiller une ligne sur un tableur excel et laisser l’adulte sous tutelle sans un sou en poche. Accompagner et protéger un senior à son domicile, c’est l’aider à coordonner les intervenants, à trouver des solutions sur les problèmes de panne d’équipement ménager, c’est organiser les transports et prendre les rendez-vous avec les organismes, voir si le suivi médical est fait correctement...

Créons un système d’évaluation des différents dispositifs en mettant en place des «visiteurs mystères» qui pourraient se rendre dans les différentes maisons de retraite, domicile, services d’orientation pour voir réellement si les services rendus correspondent aux engagements pris.

Veillons à ce que la technologie (capteurs des constantes corporelles, diffuseurs internes, robots...) soit au service de tous et non pas réservée à quelques uns et que l’accessibilité à tous les services de base soit maintenue quel que soit la perte d’autonomie. Le tout internet et les serveurs vocaux excluent de facto des milliers de personne de services vitaux.

Enfin, parlons du respect des engagements pris pendant la période électorale : gratuité des prothèses auditives, optiques et dentaires qui sont plus que nécessaires pour permettre d’augmenter l’autonomie des personnes âgées.

Oui, les mesures de protection de la vie ne manquent pas, et elles ne concernent pas quelques centaines de cas mais des centaines de milliers.

Alors où sont les priorités ?



18/02/2018
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