Grey PRIDE

Grey PRIDE

Chronique de la conviviale

Comme chaque dernier samedi du mois, nous nous sommes retrouvés pour le moment de convivialité mensuel.

 

Nous avons pris un long moment pour accueillir les nouvelles et nouveaux participant-e-s.

Le principe est immuable, Richard anime et, avant d’aborder le thème du jour, entame la séance par les préliminaires : « comment te nommes-tu ? tu habites toujours chez tes parents ? tu parleras sous la torture ».

Ce fut l’occasion d’accueillir le plus jeune participant d’entre-nous, 87 ans, et battre le record.

Dominique, « notre » psycho-sexologue n’aura pas manqué auparavant de l’essorer après une interview d’une heure avant la rencontre mais c’est pour la bonne cause, c’est le lot des vainqueurs.

Un petit groupe s’est retrouvé jusque tard dans la soirée autour d’un verre pour partager plus longtemps ces moments d’intimité.

 

L’introduction de soi dans un groupe inconnu peut être hésitante voire réfrigérante, je suis le premier à reconnaître que la prise de parole en public est un exercice pénible, jusqu’au moment de délivrance où les mots se mettent en place pour exprimer son sentiment, raconter son histoire, contredire un propos mais cela n’annule pas la panique qui s’empare de soi quand on envisage de prendre la parole. Y a pas d’âge pour s’y soustraire et pas de remède pour s’en défaire à part l’urgence d’exister.

Nous avons parlé, pas débattu, parlé, dire, se raconter dans cette ambiance particulière que génère l’écoute attentive et bienveillante, quand on lit sur les lèvres des autres les approbations muettes de l’expérience commune vécue, ces moments de la vie où nous revivons par une procuration légitime le moment décrit.

 

Un préalable nous fut rappelé à propos de l’anonymat des personnes qui s’expriment, c’est un droit inaliénable que de ne pas vouloir qu’on fasse la publicité de ce que l’on confie au groupe. Il faut dire que la question de vivre mieux le plus longtemps possible est une question sociétale aux enjeux fondamentaux: « Comment traite-t’on nos vieux? » dirait Francis.

L’anonymat est respecté, un prénom suffit à identifier une personne et un chiffre à le différencier : François Ier, Charles V, Louis II de Bavière …

 

Le thème du jour était le coming out, la sortie du placard, ce fut l’occasion de vérifier que les expériences sont diverses, souvent difficiles ; la famille peut devenir un élément pathogène, un frein à l’épanouissement.

Les témoignages de ceux qui ont vécu ce phénomène d’isolement après s’être confié à sa famille « qui a toujours su sans jamais voulu voir » sont symptômatiques de la difficulté d’exister dans un monde d’où l’on est rejeté d’office, au mieux toléré malgré soi puisque avoir un enfant homosexuel est une malédiction « tu es notre enfant et tant que tu n’en parles pas, tout ira bien », quand ce n’est pas l’excommunication pure et simple.

C’est une blessure, celui qui l’évoque nous transmet son émotion car nous revivons souvent notre propre histoire.

 

hbb

 

 



30/09/2018
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